Le stress et ses effets sur la ménopause
Témoignages et Interviews

Témoignage : quand les premiers signes de la ménopause sont mis sur le dos du stress

Quand avez-vous pour la première fois soupçonné que vous étiez en périménopause ?
J’ai toujours eu des règles assez irrégulières et j’ai été opérée jeune (mastectomie d’un sein) à cause d’un carcinome intracanalaire à caractère non infiltrant. Mais quand plusieurs mois sans règles sont passés, je me suis posée la question de la ménopause. Je commençais tout juste à me renseigner quand mes règles sont revenues (par ailleurs très abondantes avec des caillots de sang les deux premières fois puis normales ensuite) et je n’y ai plus pensé.

 

Avez-vous pris rendez-vous avec votre médecin traitant ou votre gynécologue ?
J’en ai parlé à ma gynécologue qui m’a dit que j’étais tout de même encore jeune pour entrer en pré‑ménopause mais que cela pouvait être le cas. Elle m’a conseillé d’en parler avec ma mère, l’âge de la ménopause étant (un peu) génétique.
Ma mère ayant eu une ablation de l’utérus et des ovaires (hystérectomie) à 47 ans, elle n’a pas subi de ménopause classique et j’ai donc dû voir avec mes sœurs.
Ma gynéco m’a de toute façon prévenue qu’ayant subi une ablation du sein, je ne pouvais bénéficier de traitement hormonal pour ma ménopause car contre-indiqué ;
Plus tard, lorsque j’ai parlé de mon mal-être, elle m’a donné le nom d’un psy mais je ne suis jamais allée consulter.

menopause stress 

Que connaissiez-vous de la ménopause ?
Je ne connaissais rien d’autre que les bouffées de chaleur, les sautes d’humeur, la dépression, et la fin des règles ainsi que les risques d’ostéoporose.

 

Quels ont été vos symptômes de périménopause ?
J’ai eu de nombreux symptômes.
– Tout d’abord, les bouffées de chaleur. Principalement la nuit au début (je me réveillais trempée au milieu de la nuit) puis le jour également. Celles-ci ont durées environ 4/5 ans et une fois que j’ai été ménopausée, cela a nettement diminué : seulement quelques bouffées encore de temps en temps.
– Des insomnies et pensées négatives, des sautes d’humeur. On m’a prescrit des somnifères qui ont fonctionnés pendant une semaine mais ensuite j’ai dormi à nouveau une heure par nuit. Idem pour mes pensées négatives, j’ai pris des antidépresseurs et pour la première fois de ma vie j’ai eu envie de me suicider. J’ai donc arrêté les deux traitements et ai pris des produits homéopathiques (effet plutôt psychosomatique).
– J’ai eu des acouphènes (entendre des bruits qui n’existent pas) m’empêchant de dormir. Je mettais la radio la nuit afin de ne plus me focaliser dessus et essayer de dormir. Ces acouphènes me rendaient folles !!
– J’avais de drôle de sensation dans ma tête : comme si le sang s’écoulait dans le cerveau ou le long du crâne et j’avais l’impression de faire un AVC.
– Sécheresse des muqueuses : vaginale mais aussi des yeux qui étaient à la fois secs et irrités.
– Règles hémorragiques de temps en temps.
– Changement de pilosité : un classique, moins de poils aux jambes, au pubis et sous les aisselles mais des poils qui poussent au menton et autour des lèvres. J’ai par ailleurs souffert de pelade (perte de pilosité par plaque) ainsi que mes 2 sœurs… encore quelque chose de génétique ici ?
– Prise de poids non liée à l’alimentation au début : je ne reconnaissais plus mon corps avec sa cellulite et ses poignées d’amour.

Tous ces symptômes ont été mis sur le dos du stress car à ma périménopause se sont ajoutés d’autres événements difficiles : le décès de mon père et un changement délicat de situation personnelle. Du coup, personne ne me prenait vraiment au sérieux. Tout le monde liait les effets à la perte de mon père et au relâchement subi suite à ce décès avec un surplus d’adrénaline plus nécessaire. Personne n’essayait de m’aider à comprendre ce qu’il se passait et comment agir au mieux.

 

Quelles aides, quels conseils, quels traitements avez-vous eu de votre médecin ?
Pas de médicaments, mais quelques conseils basiques sur l’alimentation et l’importance de faire du sport (je ne fume pas et ne suis pas accro au café). D’aller voir un psychologue aussi sentant que mes problèmes n’étaient pas uniquement dus à la ménopause.

 

Avez-vous trouvé des solutions personnelles pour gérer au mieux vos bouffées de chaleur ?
Non je n’ai rien fait, ça passait tout seul ou alors j’allais me mettre de l’eau froide sur le visage, j’ouvrais les fenêtres ou sortais prendre l’air.
J’aurais pu avoir un brumisateur mais je n’y ai pas pensé.

 

A posteriori, pensez-vous avoir été suffisamment informé en amont pour gérer au mieux cette période de votre vie?
Non, si j’avais su que la plupart de mes symptômes relevaient de la ménopause, j’aurais insisté sur le caractère physiologique de mes problèmes et non psychologique (encore une fois, les gens mettaient tout sur le stress lié au décès de mon père et à mon changement de situation)

 

Pensez vous que vos symptômes ont interférés avec :
– votre travail ? Oui le changement de température entre mon bureau et le bureau de mon voisin m’a causée de nombreuses bouffées de chaleur. Et pendant presque un an j’allais tous les soirs chez le médecin à cause de mes sensations dans la tête, de mes yeux secs (je travaille devant un ordinateur) ou car j’avais la tête qui tournait.
– votre couple ?  non
– votre vie sociale ?  oui, ma vie familiale et ma façon de gérer certaines choses
– vos relations avec les autres ? non

 

Avez-vous échangé avec vos amies sur vos problèmes liés à la ménopause ?
Oui j’en parlais à mes sœurs et à mes amies.
Je ne voulais pas forcement en parler mais quand je n’arrivais plus à gérer, je me disais « il faut que je parle, et ensuite je commençais à parler et je parlais trop »


Avez-vous des astuces et conseils pour les femmes qui vont entrer en phase de ménopause ?
Faire attention à son alimentation : on prend du poids, alors on déprime et du coup on grignote… et c’est le cercle vicieux.
Faire du sport et avoir des activités qui changent les idées
Ne pas se dire qu’on est malade, mais que c’est un cap à passer que chaque personne vit de manière différente.
Attention, la ménopause arrive souvent au moment où l’on commence à avoir des soucis avec les parents qui vieillissent ou des soucis de santé autres.

 

Merci pour ce témoignage qui montre les difficultés à identifier clairement la préménopause surtout quand ces symptômes se mêlent à des situations stressantes : maladie, décès, changement de situation personnelle, adolescence des enfants, etc.

The author: Ariane

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