Témoignage de ménopause : “Les femmes souffrent en silence”

Témoignage de ménopause : “Les femmes souffrent en silence”

Quand avez-vous pour la première fois soupçonnée que vous étiez en périménopause ?
A 45 ans avec beaucoup d’insomnie.

Avez-vous pris rendez-vous avec votre médecin traitant ou votre gynécologue ?
Non j’étais déjà pas mal renseignée sur le rôle des hormones dans notre corps par le biais de mes études dans les soins et en lien avec le syndrome prémenstruel que j’ai toujours eu et où aucun gynécologue n’a pu me me proposer de solution. Dès ce moment je me suis dit que j’allais surtout faire confiance à mon corps et à mes connaissances.

Que connaissiez-vous de la ménopause ?
Je connaissais beaucoup de choses sur la ménopause. Je n’avais aucune fausses croyances car je tenais mes informations directement de femmes gynécologues.

Quels ont été vos symptômes de périménopause ?
J’ai souffert de troubles de l’humeur , insomnie et anxiété surtout le soir.

Quelle aide, quels conseils, quel traitement avez-vous eu de votre médecin ?
Je n’ai pas eu beaucoup de conseils de ma gynécologue, je prenais la pilule à ce moment-là donc elle n’a rien dit de plus.

Avez-vous trouvé des solutions personnelles pour gérer au mieux vos symptômes ?
A part continuer de prendre la pilule, faire du sport me détendre, je n’ai rien fait d’autre. J’ai continué à lire sur le sujet et à questionner les femmes autour de moi. A 51 ans j’ai dit à ma gynécologue ce que je voulais : des patchs ostrogéniques et de la progestérone.  Ma vie s’est transformée : l’anxiété a disparue, le sommeil est revenu réparateur et j’ai eu beaucoup plus d’énergie. J’ai également arrêté d’avoir des bouffées de chaleur que j’avais aussi à ce moment-là la nuit et parfois le jour. Ma gynécologue n’a pas refusé car elle a bien senti que je savais ce que je voulais et que je connaissais aussi les risques. Quand même au début, elle m’a dit qu’à la place de la progestérone en comprimés elle pouvait me mettre un stérilet à la progestérone ce que j’ai refusé. Elle m’a fait une prise de sang, mais je sais qu’elle ne donne pas une vraie indication et que ce sont surtout les symptômes que décrivent les femmes qui sont importants. 

A posteriori, pensez-vous avoir été suffisamment informée en amont pour gérer au mieux cette période de votre vie ?
Je n’ai pas été assez informée par ma gynécologue, alors qu’elle aurait dû avoir toutes les infos à me transmettre.

Pensez-vous que vos symptômes ont interféré avec :
– votre travail ? 

Oui à cause de la fatigue
– votre couple ? 
Oui à cause de l’anxiété et des sautes d’humeur. 
– votre vie sociale ?
oui car car j’évitais certaines situations car je n’étais pas bien moralement
– vos relations avec les autres ? Non 

Avez-vous eu des périodes dépressives ? Si oui, comment avez-vous géré ?
J’ai eu une période dépressive : j’occupais un poste où je subissais du harcèlement et je n’avais pas assez de force pour me positionner ou refuser certaines demandes professionnelles. Ma santé a été mise à mal et ma famille aussi. J’ai quitté ce poste. Je sais qu’aujourd’hui, j’aurais réagi autrement car je suis la personne que j’ai toujours été, mais à ce moment-là, j’étais très affaiblie physiquement et psychologiquement.

Avez-vous échangé avec vos ami(e)s / proches sur vos problèmes liés à la ménopause ?
Oui, dès que je me suis sentie mieux car il m’a fallu du temps pour me remettre. J’en ai parlé à des amies ou ma famille : beaucoup de femmes vivent des situations similaires mais ne savent pas ce qui leur arrive et leur médecin non plus apparemment. Quand vous leur parlez de traitement, les femmes ont peur et font totale confiance à leur gynécologue, qui eux ont peur aussi et par conséquent les femmes souffrent en silence. 

Mais la société ne se gêne pas par la suite de critiquer les femmes en disant qu’à partir de la ménopause les femmes : deviennent dépressives, grosses, n’ont plus de libido, n’ont plus d’énergie, de patience ect

Alors que c’est physiologique ! Si les hommes devaient vivre cette période-là, il y aurait déjà bien longtemps que l’on en parlerait beaucoup plus et sans les culpabiliser s’ils décideraient de prendre un traitement. 

Avez-vous des astuces et conseils pour les femmes qui vont entrer en phase de ménopause ?
Des astuces ça serait de s’écouter et si les symptômes vous empêchent d’être heureuse dans votre vie et perturbent votre sommeil (qui est très important) alors pourquoi pas prendre un traitement ? A savoir qu’il y a des plantes qui peuvent aider mais qui n’auront aucun effet sur vos os, vos organes internes, vos muqueuses et votre cœur. 

Le traitement hormonal protège le cœur et les os. Informez-vous ! Chaque femme doit faire son choix en étant informée et chaque femme fait ce qui est juste pour elle. Il n’y a aucun jugement à avoir sur la démarche et les choix de chaque femme.

Aujourd’hui j’ai 53 ans et je me sens bien. Je me sens maître de ma vie et de mes choix. J’ai de l’énergie pour ma famille et je suis épanouie car il ne faut pas oublier qu’avec ou sans traitement, il y a une transformation intérieure qui se produit, une belle transformation du féminin Sacré. On peut avoir accès à une belle force intérieure avec une belle énergie et c’est très puissant. Je ne suis pas sûre qu’une femme qui doit lutter avec tous les symptômes de la ménopause peut avoir accès à cette force là car son corps perd de l’énergie à rééquilibrer.

Ça serait un beau sujet de savoir ce que vivent d’autres femmes intérieurement à cette période-là. 

Merci pour ce témoignage

Laisser un commentaire