Les rapports sexuels retardent la menopause ? NON

Les rapports sexuels retardent la menopause ? NON

Depuis une semaine et suite à la publication des résultats d’une étude américaine, les articles fleurissent pour annoncer la nouvelle « les rapports sexuels retardent la ménopause. »

Encore une fois, prenons le temps de bien comprendre cette étude

L’étude

L’étude a été conduite auprès de 2936 femmes aux Etats Unis d’Amerique. Sur une période de 10 ans, les chercheurs ont conduit des entretiens a propos de la vie sexuelle des femmes.

Quelques données :
– l’age moyen des femmes était de 45 ans
– 46% d’entre elles étaient en périménopause
– 54% étaient en préménopause avec des cycles réguliers et aucun symptôme de ménopause

Les résultats

Les femmes qui avaient des rapports sexuels chaque semaine ont 28% de chance d’être ménopausée moins jeune que celles qui font l’amour une fois par mois.

Les femmes qui font l’amour une fois par mois ont 19% de chance supplémentaire de retarder la ménopause rapport aux femmes faisant l’amour moins d’une fois par mois.

La théorie

L’idée est donc la suivante : si une femme de 40 ans ou plus a peu de rapport sexuel, son corps comprend qu’il ne servira plus pour une éventuelle grossesse et décide de mettre son énergie non pas dans l’ovulation (d’où la ménopause plus tôt) mais dans autre chose, comme par exemple s’occuper des autres notamment des petits enfants… c’est l’hypothèse de la grand-mère.

Les doutes sur l’étude

Une étude basée sur des témoignages concernant la vie sexuelle reste délicate et on est en droit de se demander à quel point les réponses sont vraies et précise.

La conclusion

L’étude montre uniquement qu’il y a une association et ne montre aucune causalité entre la fréquence des relations sexuelles et l’âge de la ménopause, et c’est l’auteur principale de l’étude,  Megan Arnot qui le dit.

However, we did demonstrate that increased sexual frequency during the pre- and peri-menopause decreased the risk of experiencing menopause. While causation cannot be conclusively inferred…

Megan Arnot

Ceci étant dit, les raisons de cette association peuvent être bien différente, peut-être tout simplement qu’une femme qui est en périménopause voit diminuer sa vie sexuelle et que la causalité est inverse ? Quand on connait tous les symptômes de la ménopause et périménopause (comme par exemple la baisse de moral, baisse de libido, fatigue, sécheresse vaginale…), cela semble très possible.

Encore une fois, prenons le temps de lire les études et d’avoir une réflexion critique avant de faire des articles avant des grands titres qui seront relayés par tous. La ménopause est un sujet très complexe et il reste encore tellement à apprendre, que chaque nouvelle étude doit vraiment être prise avec des pincettes.

Pour finir, peut être juste conclure en disant que :
1) les femmes devraient choisir de faire l’amour car elles en ont envie plutôt que parce que c’est un outil pour retarder la ménopause
2) pour aider les femmes à faire l’amour, peut être qu’il faudrait les aider à résoudre les problèmes qu’elles rencontrent à la ménopause…. Cela serait un bon début non ?


Pour en savoir plus :
Sexual frequency is associated with age of natural menopause: results from the Study of Women’s Health Across the Nation – Royal Society Open Science – Janvier 2020

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