La difficulté de travailler pour les femmes médecins ménopausées

La difficulté de travailler pour les femmes médecins ménopausées

La société britannique de la ménopause (British Menopause Society) a fait un sondage parmi ses femmes médecins pour voir comment la ménopause était vécue dans le cadre du travail. La ménopause étant souvent tabou, l’idée était de voir si dans un milieu normalement éduqué à ces problématiques, l’expérience était plus facile. La réponse : non.

L’étude montre fortement que les femmes démissionnent, partent en retraite ou acceptent des postes à des positions inférieures parce qu’elles ont du mal à gérer les symptômes de la ménopause et n’ont aucun soutien du management.

Il y a actuellement en Grande Bretagne plus de 30 000 médecines (= femmes médecins) de 45 à 55 ans et ce chiffre va aller en augmentant car actuellement 60% des médecins sont des femmes. Helena McKeown représentante de la Société Britannique de la ménopause regrette d’apprendre les problèmes que les médecines ménopausées peuvent rencontrer car le système de santé britannique est sous tension et ne peut pas se permettre de perdre des médecins expérimentés à cause d’un manque de flexibilité et de soutien.

Je voudrais travailler à mi-temps car cela me soulagerait, mais cela désorganiserait complément notre service car nous n’arrivons à recruter.

Découvertes de l’étude sur les femmes médecins au travail

L’étude réalisée sur 2 000 médecines constate que 90% des femmes ont vu leurs symptômes déranger leur vie professionnelle et 38% d’entre elles n’ont pas réussi à mettre des changements en place pour les gérer plus facilement.

Si 47% des femmes médecins auraient souhaités discuter de leurs symptômes et mettre en place des arrangements avec leur supérieur, elles ne l’ont pas fait par peur être tournée en ridicule par les managers ou collegues. Seul 16% des médecines ont osé le faire.

Au-delà du risque de moquerie, la crainte concerne également la progression de carrière et le fait d’être vu comme n’étant pas à la hauteur et donc plus considérée pour d’éventuelle promotion.

J’ai envisagé de quitter mon poste de responsable pour un poste avec moins de responsabilité, voire complément démissionner.

Les impacts de la ménopause sur les femmes médecins

Si chaque ménopause est unique, les symptômes sont plus ou moins identiques pour toutes les femmes souffrant de la ménopause, en revanche un travail dans la santé peut avoir des conséquences différentes.

Les aspects psychologiques

L’anxiété et les baisses de moral peuvent être particulièrement difficile à gérer quand on travaille dans un environnement sous pression et dans lequel il faut prendre des décisions rapidement. Les participantes à l’étude disent se sentir épuisée, dépassée et remettent en question leur compétence à gérer toute leur charge de travail.

La fatigue mentale et les problèmes de concentration

Des heures de travail longues et non flexibles ne permettent pas de se reposer. La pression de devoir toujours être concentrée et prendre des décisions rapidement en rajoute encore une couche.

Quand un rythme de vie irrégulier avec parfois du travail du nuit se rajoute à des problèmes de sommeil, le travail au quotidien avec la fatigue mentale et les problèmes de concentration peut devenir difficile à gérer.

Les symptômes physiques

Plusieurs symptômes peuvent s’avérer être particulièrement compliqué pour les médecines en peri.ménopause :

  • Les bouffées de chaleur être encore plus intenses dans un environnement sans clim / ventilateur ou fenêtre à ouvrir
  • Les règles abondantes (et surprises) peuvent représenter un vrai challenge quand on travaille de nombreuses heures sans pause.
  • Les migraines peuvent être décuplées avec les lumières artificielles et le bruit permanent des équipements technos.

Je vais prendre ma retraite. Je ferais peut-être des remplacements ensuite, mais je vais démissionner dans l’année car je ne peux plus le supporter.

Chiffres clefs de l’étude

  • 93% des femmes ont senti les symptômes de la menopause
  • 65% ont eu des symptômes physiques et mentaux
  • 90% des femmes déclarent que les symptômes ont impacté leur vie professionnelle, dont 38% de manière importante
  • 36% des femmes ont fait des changements dans leur vie pro
  • 9% des femmes veulent mettre en place ces changements de vie pro
  • 38% des femmes ont voulu faire des adaptations à leur vie pro mais n’ont pas réussi

Il y a très peu de femmes de plus de 50 ans à mon niveau dans mon travail. Si je parle de mes symptômes de périménopause, je serais stigmatisé et on manquerait de respect en me considérant comme incapable ou irrationnelle.

Sources:
The Guardian – Female doctors in menopause retiring early due to sexism, says study
L’étude de la British Menopause Society

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