Traitement hormonal de la ménopause et cancer du sein

Traitement hormonal de la ménopause et cancer du sein

La question du cancer du sein avec prise d’un traitement hormonal de la ménopause est la question la plus fréquente car c’est le risque dont on parle le plus. Et à raison, cette question mérite bien sûr une explication.

Tout d’abord, la base : 1 femme sur 8 risque de développer un cancer du sein indépendamment de toute prise de traitement hormonal de la ménopause1.

Ensuite adressons la question du cancer du sein et du THM.

Il faut avant tout comprendre que ce risque évolue en fonction du type de molécule, des doses et du mode d’administration du THM. On ne peut donc pas généraliser et dire « le THM cause le cancer du sein. »

Il est également essentiel de comprendre la différence entre risque relatif et risque absolu. Pour faire court, dans une étude un groupe non traité a 2 personnes sur 100 qui développent un effet secondaire ; dans le groupe traité il y a 3 personnes sur 100 qui développent un effet secondaire : c’est une augmentation de risque relatif de 50%.

Le cancer du sein et le THM en chiffres

En 2002, l’étude WHI est en ligne avec des études précédentes déjà connues et annonce 8 cas supplémentaire de cancer pour 10 000 femmes pour un an de traitement9. Elle confirme également qu’en parallèle il y 6 cas de moins de cancer du côlon pour 10 000 femmes sous THM9.

Une étude WHI de 2012 permet de s’avoir que le combo oestrogène equin* + medroxyprogesterone (un type de progestérone) provoque effectivement une augmentation du cancer du sein, notamment après 5 ans de traitement.

En revanche, la même étude montre que l’administration d’œstrogène seul (pour les femmes n’ayant plus d’utérus) permet de diminuer le risque de cancer du sein7,8.

Tout se joue au niveau du choix des molécules principalement de celles de progestérone : l’étude E3N (de référence sur les questions de THM et cancer du sein en France) montre bien qu’en fonction des molécules le risque n’est pas le même9. En effet, la progestérone naturelle n’augmente pas le risque de façon significative alors que la progestérone de synthèse augmente le risque de façon significative.
D’autres études viennent confirmer ce constat.

Le choix des mots

Le traitement hormonal de la ménopause ne cause pas de cancer du sein, il peut cependant promouvoir le cancer du sein : les cellules cancéreuses microscopiques déjà présentent peuvent être « boostées » par les hormones du traitement.

Exposition à l’oestrogène et cancer

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que plus la femme a une ménopause précoce, plus son risque de cancer du sein diminue. Autrement dit, plus une femme vit longtemps avec de l’œstrogène, plus son risque de cancer du sein augmente. A partir de 50 ans, chaque année passée sans ménopause augmenterait ainsi le risque de cancer de 6 %.4

Ou pour l’explication inverse : “une femme ménopausée à 58 ans aura le même risque de cancer du sein qu’une femme ménopausée à 50 ans qui aurait pris 8 ans de THM.”5

En bref :

  • Pas d’augmentation de cancer du sein si traitement hormonal de la ménopause pris avant 51 ans3
  • Aucune augmentation de cancer du sein si oestrogène seul (pas d’utérus), on note même une diminution de cancer du sein7,8
  • Pas d’augmentation de cancer du sein si oestrogène et progestérone naturelle pendant moins de 5 ans8
  • Légère augmentation du cancer du sein si oestrogène et progestatif de synthèse6
  • Légère augmentation du cancer du sein si oestrogène et progestérone naturelle pendant plus de 5 ans.6,8

La mortalité face au cancer du sein

Les femmes suivies pour traitement hormonal de la ménopause ont une mortalité plus faible au cancer du sein que celles qui ne sont pas suivis pour le cancer du sein (qui s’explique peut-être par une prise en charge plus précoce de celui-ci du fait du suivi obligatoire qui va de pair avec la prise d’un THM)

Avoir une approche globale

Toutes ces études abordent uniquement la question du THM et du cancer du sein, mais il ne faut pas oublier que le THM s’inscrit dans une approche plus globale de la santé de la femme. Car oui, en plus de soulager des symptômes de la ménopause et parfois de restaurer une bonne qualité de vie, le THM protège le cœur, de l’ostéoporose, du diabète de type 2, d’alzheimer, du cancer du côlon…8

En effet, la société nord américaine de la ménopause constate une baisse de mortalité toute causes confondues pour les femmes qui sont sous THM en opposition aux femmes ne prenant pas de THM.2,8

Les facteurs de risque du cancer du sein

Globalement de nombreux facteurs entrent en considération pour le cancer du sein : vieillir tout simplement, être en surpoids, consommer régulièrement de l’alcool, fumer et ne pas faire d’activité physique régulière.

Pour conclure, voici n’oubliez pas d’aller consulter l’excellente infographie faite par le british menopause society sur les risques du cancer du sein en fonction des facteurs de risques.

Enfin de façon générale, toute question concernant votre traitement ou un traitement envisagé doit être posée à votre médecin et si votre médecin ne répond pas à vos interrogations, changez en.

Sources :
1 – Cancer du sein – https://www.cancerdusein.org/octobre-rose/octobre-rose
2 – North American Menopause Societu https://www.menopause.org/docs/default-source/2017/nams-2017-hormone-therapy-position-statement.pdf
3 – Menopause Doctor https://www.menopausedoctor.co.uk/menopause/breast-cancer-hrt
4 – Doctissimo – https://www.doctissimo.fr/sante/menopause/menopause-tournant-vie-femme/menopause-tardive#risques-et-avantages-d-une-menopause-tardive
5 – GEMVI – Traitement de la ménopause – http://www.gemvi.org/traitement-menopause.php
6 – PNC Mooc Ménopause ttps://pns-mooc.com/fr/mooc/module/session/course/433
7 – GEMVI – https://www.gemvi.org/congres-session-99.php
8 – Réponse du GEMVI et CNGOF suite à l’article The Lancet du 29 août 2019 sur les risques de cancer du sein avec THM – http://www.cngof.net/Medias-CNGOF/Communiques/2019/2019-THM-Cancer-sein-Lancet-gemvi-cngof.pdf
9 – GEMVI – http://www.gemvi.org/congres-session-20.php
* L’oestrogène equin n’est plus utilisé en France

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