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Témoignages et Interviews

Témoignage de ménopause « Je me suis sentie vieille d’un seul coup »

Quand avez-vous pour la première fois soupçonnée que vous étiez en périménopause et pourquoi ?
J’allais avoir 40 ans et ça faisait 3 mois que je n’avais pas mes règles.
J’avais arrêté la pilule contraceptive à l’âge de 35 ans, et depuis j’étais réglée comme une horloge.
A 40 ans, j’étais en couple et nous avions des projets professionnels communs et je m’investissais physiquement, psychologiquement et cérébralement sans compter.
L’absence de règles était pour moi due à une grosse fatigue, la petite déprime automnale, enfin rien de grave.
J’avais quelques symptômes mais je crois que je ne voulais pas les voir : bouffées de chaleur, irritabilité, insomnies.

Avez-vous pris rendez-vous avec votre médecin traitant ou votre gynécologue ?
Non, mais lors d’une banale visite chez le généraliste, je lui en parle, il me prescrit une analyse de sang (test de grossesse + hormonologie)‌.
Bref les résultats tombent, je ne suis pas enceinte!!! et les hormones, c’est très flou, j’y comprends rien, mon médecin généraliste m’explique que c’est LE DÉBUT DE LA FIN, me prescrit mammographie, écho pelvienne et RDV chez un spécialiste de l’infertilité et un gynécologue.
Le premier me pose les deux questions qui tuent et que je n’oublierai jamais :
« avez-vous des enfants ? »
« non »
« souhaitez-vous en avoir ? »
« euh je ne sais pas, je ne crois pas » (18 ans d’écart avec mon conjoint, qui ne voulait pas remettre le couvert)
« bon ben alors tout va bien, vous êtes en périménopause, pas de traitement tant qu’il y a encore des règles de temps en temps »

Je me revois lui demander naïvement « mais c’est définitif ? ce n’est pas une erreur du laboratoire ? Je suis jeune encore ? » Je me raccrochais aux branches…mais l’arbre était comme moi tout sec, tout mort…
Dernier espoir, le gynécologue, même constat, « le traitement on l’envisagera 12 mois après l’arrêt des dernières règles…mais vous êtes encore jeune, ça peut durer des années ».
J’étais sous le choc, je me sentais vieille d’un coup. La ménopause, c’est quand on est vieille, très vieille, c’est tout ce que je savais de la ménopause !

Je me suis sentie vieille d’un seul coup.

Que connaissiez-vous de la ménopause ?
Rien, car ma mère a été opérée à 42 ans d’un fibrome et a donc eu une ménopause médicale.

Quels ont été vos symptômes de périménopause ?
Décalage de règle, bouffées de chaleur, insomnie, irritabilité

Avez-vous eu des périodes dépressives ? Si oui, comment avez-vous géré ?
Seule face à moi-même suite à l’annonce de la ménopause, le deuil définitif de toute grossesse, je souffre, je déprime, les bouffées de chaleur s’accentuent ( j’ai passé le meilleur hiver de toute ma vie, même pas sortie la doudoune!!!!), les insomnies aussi…
Bref, je m’investis encore un peu plus professionnellement et je passe tout mon temps à gérer mon restaurant.
Au bout de 3 mois, je retourne chez mon médecin qui me prescrit des antidépresseurs, je suis d’accord, j’ai besoin d’air, mais avec le recul, était-ce vraiment la meilleure des solutions?

Au fond, moi je voulais que l’on m’explique, pourquoi moi, pourquoi la ménopause, pourquoi je devais faire le deuil de la grossesse, pourquoi j’avais des symptômes dont personne ne voulait me  soulager.
J’ai tenu 2 ans à un rythme effréné, les affaires marchaient bien, j’avais fidélisé une clientèle, j’avais l’impression que tout allait bien…
Sauf que j’avais perdu du poids, puis j’ai repris du poids (beaucoup trop), j’étais un zombie, j’avais mal dans tous le corps, les rares fois où j’avais mes règles, j’étais au bord du malaise, ma vie de couple n’existait plus.

Je voudrais d’ailleurs parler des ANTIDEPRESSEURS : je ne sais pas combien de femmes passent par là lorsque la ménopause et tous ces bouleversements arrivent, mais le sevrage est tellement difficile et douloureux (nausées, vertiges, fatigue extrême…) que personnellement, si j’avais su, je n’aurais pas commencé.‌

Avez-vous trouvé des solutions personnelles pour gérer au mieux vos symptômes ?
Je prends deux comprimés de Serelys par jour, efficacité ou effet placebo, peu importe, j’ai l’impression que cela soulage les bouffées de chaleur…il en fallait pas plus pour me convaincre.

A posteriori, pensez-vous avoir été suffisamment informée en amont pour gérer au mieux cette période de votre vie ?
Non

Pensez-vous que vos symptômes ont interféré avec :
– votre travail ?
  Non
– votre couple ?
 Oui, cela a marqué la fin de mon couple, mais peut être cette relation aurait évoluée ainsi avec ou sans ménopause
– votre vie sociale ? Non
– vos relations avec les autres ? Non

Avez-vous échangé avec vos ami(e)s / proches sur vos problèmes liés à la ménopause ?
Tout ce que j’ai appris sur la périménopause et la ménopause m’a été confié par des personnes de mon entourage, amies, famille, connaissances, pharmacien et le compte instagram La Ménopause.
Malheureusement mon médecin et le gynéco… ne m’ont été d’aucune aide.

Avez-vous des astuces et conseils pour les femmes qui vont entrer en phase de ménopause ?
Le conseil que je pourrais donner aux femmes qui vont entrer en phase de ménopause et qui cumulent différents symptômes, c’est de se poser, revoir ses priorités afin de s’occuper d’elles (méditation, luminothérapie, sport, accompagnement psychologique), de toujours se respecter en tant que FEMME et l’acceptation arrivera…car je crois que le secret, c’est l’ACCEPTATION (on me l’aurait dit, je ne l’aurais pas crû, et pourtant le résultat est là).

Le secret, c’est l’ ACCEPTATION

Autres remarques ?
Depuis que ma nouvelle relation a débuté, (et je suis d’accord, c’est tout nouveau, tout beau…) les vilains symptômes ont quasiment disparu (plus de sécheresse vaginale, plus d’insomnie, plus d’irritabilité…) alors c’est qui qui a le pouvoir : les hormones, le cerveau, l’acceptation ou mon nouveau chéri?
Aujourd’hui, je suis vivante, mon corps est en berne d’hormones, mais après tout, qui le sait? Même moi j’arrive à l’oublier.
Pour rien au monde je ne souhaite revenir en arrière, la ménopause fait partie de moi au même titre que ma volonté d’être heureuse, cause ou conséquence, les symptômes ont tendance à diminuer.
Je crois que j’ai enfin accepté d’être comme je suis et surtout ce que je suis, une nana de 43 ans, qui parfois a chaud, qui a arrêté les antidépresseurs, qui a changé de médecin, qui est toujours désirable et qui ne va pas finir vieille fille avec son chien, la mort dans l’âme!!!

La suite de mon histoire
Apres ma période dépressive de deux ans, mon conjoint me demande de quitter le domicile,… toujours très naïve, je me dis il a raison… travaillons en bonne intelligence, de toute façon je n’ai  plus de libido, seul le boulot compte…
Je lui annonce que j’ai trouvé un appartement, le soir même, il me demande de quitter la société et le restaurant.
Je suis sous le choc, ça ne me fait pas peur d’être seule, je m’en suis toujours sortie, mais quitter le restaurant, c’est comme abandonné « mon bébé », mes clients, tout ce à quoi j’étais utile et qui me permettait d’oublier cet état de ménopause.
J’ai touché le fonds lorsque mon ex conjoint, lors de nos derniers échanges m’a dit qu’il avait toujours été là, qu’il m’avait même accompagné chez les spécialistes, et que tout ce qui m’arrivait, était dû à cette maladie « la ménopause », je lui ai hurlé que je n’étais pas malade!!!! que mon corps travaillait différemment et que je souhaitais de l’aide, mais personne ne répondait à mes interrogations ni soulageait mes symptômes.
Seule, j’avais besoin de me poser, de récupérer…Un ami m’a dit que c’était la meilleure chose qui pouvait m’arriver, que la ménopause n’était pas responsable de l’échec de ma relation… et l’avenir lui a donné raison…
Je me suis occupée de moi (psychologiquement et physiquement), j’ai cherché du boulot, j’en ai trouvé, une semaine après j’avais mes règles,… et j’ai rencontré quelqu’un..; quelqu’un pour qui j’ai tout de suite éprouvé du désir (alléluia!!!!). Une histoire simple, sans prise de tête, dans le respect de l’autre.

The author: Ariane

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