Témoignage de ménopause précoce à 25 ans “J’ai fait l’autruche”

Témoignage de ménopause précoce à 25 ans “J’ai fait l’autruche”

Quand avez-vous pour la première fois soupçonné que vous étiez en périménopause et pourquoi ?
C’est à 25 ans que tout a commencé et que j’ai découvert que j’avais une ménopause précoce. J’ai une sœur ainée qui a 4 ans de plus de que moi et qui, à 29 ans, a fait un bilan hormonal car elle essayait de faire un enfant. On s’est aperçu qu’elle était en périménopause. J’ai constaté que nous avions les mêmes symptômes : règles interrompues pendant un mois puis pas de règle….

Avez-vous pris rendez-vous avec votre médecin traitant ou votre gynécologue ?
Suite à ma découverte, je suis allée voir un gynécologue.
Le médecin, entendant que je ne voulais pas d’enfant, n’a rien fait. Il m’a vaguement parlé de congeler des ovocytes mais de façon ironique car il savait que je ne voulais pas d’enfant.

A partir de mes 30 ans, je n’ai pas eu mes règles pendant un an. Depuis mes 30 ans je les ai eus une fois.

Je n’étais pas assidue côté suivi gynécologique. Quand j’allais voir un gynéco j’avais l’impression de n’être plus entendue et d’être un cas clinique. Quand je disais que je n’avais plus mes règles, on voulait à tout prix me coller les symptômes de la ménopause : bouffées de chaleur, sécheresse vaginale. Les médecins voulaient également me donner des hormones pour traiter des symptômes qui n’étaient pas les miens.

J’ai ensuite eu un médecin qui a su m’expliquer que 1) le traitement hormonal de la ménopause ce n’était pas pour les symptômes mais pour la santé du corps et 2) que c’était seulement à prendre jusqu’à l’âge moyen de la ménopause (ndlr : soit environ 51 ans). Elle m’a également dit que ce n’était pas normal que mon médecin précédent n’ai pas insisté plus pour me mettre sous traitement hormonal car cela devrait être systématique en cas d’insuffisance ovarienne précoce (ndlr : il aurait également dû avoir une approche plus pédagogue sur le sujet proche de celle de cette deuxième gynécologue).

J’ai donc commencé à prendre des hormones mais 10 ans après ma ménopause. Mon corps l’a mal supporté : j’avais mal au ventre, des pertes vaginales, des douleurs aux seins.
Ma gynécologue m’a dit de réduire les doses et de prendre le traitement seulement un jour sur deux, donc c’est ce que je teste maintenant. 

Il n’y a eu aucun accompagnement psychologique.

Que connaissiez-vous de la ménopause ?
Absolument rien. Ma mère a été ménopausée à l’âge normal et ça a été un non-sujet.
Dans la famille de mon père en revanche, nous savions que les femmes étaient ménopausées avant 40 ans.

Quels ont été vos symptômes de ménopause ?
Je reconnais seulement à postériori ces symptômes : les sautes d’humeur, les problèmes de sommeil, les crises de panique, perte de cheveux, douleurs articulaires (ou alors c’était la reprise du sport ?)
Je reconnais également une dimension psychologique : tant que je ne voulais pas d’enfant, tout allait bien, maintenant que la question se pose de façon plus sérieuse, c’est plus difficile.

Quelle aide, quels conseils, quel traitement avez-vous eu de votre médecin ?
Rien du côté du premier médecin. Des explications avec le second gynécologue.

Avez-vous trouvé des solutions personnelles pour gérer au mieux vos symptômes ?
Je me suis toujours dit que c’était moi et je n’avais pas identifié les quelques symptômes qui pourraient être liés à la ménopause.

A posteriori, pensez-vous avoir été suffisamment informée en amont pour gérer au mieux cette période de votre vie ?
Pas du tout : le gynécologue à 25 ans m’a traumatisé. Les médecins avaient toujours un discours médical sur le sujet : on me parlait ostéoporose et procréation (avec la petite pique qui va bien quand je disais que je ne voulais pas d’enfant).

Il n’y a eu aucun accompagnement par rapport à la possibilité de faire des enfants (pour maintenant ou plus tard) que ça soit psychologique ou informatif.

J’ai fait l’autruche.

Pensez-vous que vos symptômes ont interféré avec :
– votre travail ?
 non
– votre couple ? non
– votre vie sociale ? non
– vos relations avec les autres ? non

Avez-vous eu des périodes dépressives ? Si oui, comment avez-vous géré ?
Oui de nature je suis anxieuse, mais je vois maintenant que ça prend une autre tournure, j’ai moins de prise sur mon stress, cela me dépasse un peu plus.

Lors de mon diagnostique de ménopause précoce, on ne m’a pas proposé de voir un psychologue. D’ailleurs, considérant que je ne voulais pas d’enfant, ce n’était pas un sujet.  

Avez-vous échangé avec vos ami(e)s / proches sur vos problèmes liés à la ménopause ?
Avec ma sœur oui forcement. Et sinon, mon discours sur la ménopause, jusqu’à récemment c’était juste : « je n’ai pas mes règles c’est super. »

Avez-vous des astuces et conseils pour les femmes qui vont entrer en phase de ménopause précoce ?
C’est difficile car très personnel en fonction du vécu de chaque femme, mais je dirais :

  • S’informer pour être dans l’échange avec le médecin
  • En parler
  • Se faire accompagner psychologiquement car quoi qu’on en pense, cela travaille
  • Se faire écouter, se faire entendre et ne pas accepter de devenir un cas clinique

Où en êtes-vous aujourd’hui par rapport à la ménopause ?
Enfin je l’aborde et j’arrête de faire l’autruche. Je prends la ménopause au sérieux.
Je réalise que je ne voulais pas voir la ménopause en face tant que je ne me posais pas la question de faire un enfant. Ne pas prendre d’hormone au moment du diagnostic c’était une façon de ne pas assumer cette ménopause (au-delà de la non-compréhension autour du fonctionnement du traitement) Je pense maintenant que j’aurais aimé avoir un enfant, mais je ne me sens pas aujourd’hui la force de m’engager vers les solutions qu’on me propose (le don d’ovocyte, mère porteuse, adoption…) J’aurais aimé qu’on m’en parle plus à l’époque.

Par ailleurs, je vais aller faire une densitométrie pour estimer mes risques face à l’ostéoporose.

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