Témoignages : quand les premiers signes de la ménopause sont mis sur le dos du stress

Quand avez-vous pour la première fois soupçonnée que vous étiez en périménopause ?
J’ai toujours eu des règles assez irrégulières et j’ai été opérée jeune (mastectomie d’un sein) à cause d’un carcinome intracanalaire à caractère non infiltrant. Mais quand plusieurs mois sans règles sont passés, je me suis posée la question de la ménopause. Je commençais tout juste à me renseigner quand mes règles sont revenues (par ailleurs très abondantes avec des caillots de sang les deux premières fois puis normales ensuite) et je n’y ai plus pensée.

 

Avez-vous pris rendez-vous avec votre médecin traitant ou votre gynécologue ?
J’en ai parlé à ma gynécologue qui m’a dit que j’étais tout de même encore jeune pour entrer en pré‑ménopause mais que cela pouvait être le cas. Elle m’a conseillé d’en parler avec ma mère, l’âge de la ménopause étant (un peu) génétique.
Ma mère ayant eu une ablation de l’utérus et des ovaires (hystérectomie) à 47 ans, elle n’a pas subi de ménopause classique et j’ai donc dû voir avec mes sœurs.
Ma gynéco m’a de toute façon prévenue qu’ayant subi une ablation du sein, je ne pouvais bénéficier de traitement hormonal pour ma ménopause car contre-indiqué ;
Plus tard, lorsque j’ai parlé de mon mal-être, elle m’a donné le nom d’un psy mais je ne suis jamais allée consulter.

menopause stress 

Que connaissiez-vous de la ménopause ?
Je ne connaissais rien d’autre que les bouffées de chaleur, les sautes d’humeur, la dépression, et la fin des règles ainsi que les risques d’ostéoporose.

 

Quels ont été vos symptômes de périménopause ?
J’ai eu de nombreux symptômes.
– Tout d’abord, les bouffées de chaleur. Principalement la nuit au début (je me réveillais trempée au milieu de la nuit) puis le jour également. Celles-ci ont durées environ 4/5 ans et une fois que j’ai été ménopausée, cela a nettement diminué : seulement quelques bouffées encore de temps en temps.
– Des insomnies et pensées négatives, des sautes d’humeur. On m’a prescrit des somnifères qui ont fonctionnés pendant une semaine mais ensuite j’ai dormi à nouveau une heure par nuit. Idem pour mes pensées négatives, j’ai pris des antidépresseurs et pour la première fois de ma vie j’ai eu envie de me suicider. J’ai donc arrêté les deux traitements et ai pris des produits homéopathiques (effet plutôt psychosomatique).
– J’ai eu des acouphènes (entendre des bruits qui n’existent pas) m’empêchant de dormir. Je mettais la radio la nuit afin de ne plus me focaliser dessus et essayer de dormir. Ces acouphènes me rendaient folles !!
– J’avais de drôle de sensation dans ma tête : comme si le sang s’écoulait dans le cerveau ou le long du crâne et j’avais l’impression de faire un AVC.
– Sécheresse des muqueuses : vaginale mais aussi des yeux qui étaient à la fois secs et irrités.
– Règles hémorragiques de temps en temps.
– Changement de pilosité : un classique, moins de poils aux jambes, au pubis et sous les aisselles mais des poils qui poussent au menton et autour des lèvres. J’ai par ailleurs souffert de pelade (perte de pilosité par plaque) ainsi que mes 2 sœurs… encore quelque chose de génétique ici ?
– Prise de poids non liée à l’alimentation au début : je ne reconnaissais plus mon corps avec sa cellulite et ses poignées d’amour.

Tous ces symptômes ont été mis sur le dos du stress car à ma périménopause se sont ajoutés d’autres événements difficiles : le décès de mon père et un changement délicat de situation personnelle. Du coup, personne ne me prenait vraiment au sérieux. Tout le monde liait les effets à la perte de mon père et au relâchement subi suite à ce décès avec un surplus d’adrénaline plus nécessaire. Personne n’essayait de m’aider à comprendre ce qu’il se passait et comment agir au mieux.

 

Quelles aides, quels conseils, quels traitements avez-vous eu de votre médecin ?
Pas de médicaments, mais quelques conseils basiques sur l’alimentation et l’importance de faire du sport (je ne fume pas et ne suis pas accro au café). D’aller voir un psychologue aussi sentant que mes problèmes n’étaient pas uniquement dus à la ménopause.

 

Avez-vous trouvé des solutions personnelles pour gérer au mieux vos bouffées de chaleur ?
Non je n’ai rien fait, ça passait tout seul ou alors j’allais me mettre de l’eau froide sur le visage, j’ouvrais les fenêtres ou sortais prendre l’air.
J’aurais pu avoir un brumisateur mais je n’y ai pas pensé.

 

A posteriori, pensez-vous avoir été suffisamment informé en amont pour gérer au mieux cette période de votre vie?
Non, si j’avais su que la plupart de mes symptômes relevaient de la ménopause, j’aurais insisté sur le caractère physiologique de mes problèmes et non psychologique (encore une fois, les gens mettaient tout sur le stress lié au décès de mon père et à mon changement de situation)

 

Pensez vous que vos symptômes ont interférés avec :
– votre travail ? Oui le changement de température entre mon bureau et le bureau de mon voisin m’a causée de nombreuses bouffées de chaleur. Et pendant presque un an j’allais tous les soirs chez le médecin à cause de mes sensations dans la tête, de mes yeux secs (je travaille devant un ordinateur) ou car j’avais la tête qui tournait.
– votre couple ?  non
– votre vie sociale ?  oui, ma vie familiale et ma façon de gérer certaines choses
– vos relations avec les autres ? non

 

Avez-vous échangé avec vos amies sur vos problèmes liés à la ménopause ?
Oui j’en parlais à mes sœurs et à mes amies.
Je ne voulais pas forcement en parler mais quand je n’arrivais plus à gérer, je me disais « il faut que je parle, et ensuite je commençais à parler et je parlais trop »


Avez-vous des astuces et conseils pour les femmes qui vont entrer en phase de ménopause ?
Faire attention à son alimentation : on prend du poids, alors on déprime et du coup on grignote… et c’est le cercle vicieux.
Faire du sport et avoir des activités qui changent les idées
Ne pas se dire qu’on est malade, mais que c’est un cap à passer que chaque personne vit de manière différente.
Attention, la ménopause arrive souvent au moment où l’on commence à avoir des soucis avec les parents qui vieillissent ou des soucis de santé autres.

 

Merci pour ce témoignage qui montre les difficultés à identifier clairement la préménopause surtout quand ces symptômes se mêlent à des situations stressantes : maladie, décès, changement de situation personnelle, adolescence des enfants, etc.

Continue Reading

Faire un bilan de condition physique avant de reprendre le sport

Nous l’avons déjà vu, le meilleur traitement contre les symptômes de la préménopause c’est le sport. En effet, celui ci permet de lutter contre l’ostéoporose, les douleurs articulaires, les maladies cardiovasculaires, la perte de masse musculaire (donc les chutes et autres douleurs), la dépression et même les bouffées de chaleur.
Pour ceux qui veulent faire le point sur leur état physique à titre informatif ou pour justement reprendre le sport, cela peut être une bonne idée de réaliser un bilan de condition physique.

Bilan de condition physique
Monstade, un complexe médico-sportif, propose depuis 2014 un bilan de condition physique complet de trois heures.

Avant tout, on rempli un questionnaire sur ses habitudes de vie (oui, oui, c’est là qu’on doit dire si on fume !), habitudes alimentaires, ses performances ou absences de performances sportives et les antécédents personnels ou familiaux.

Ensuite les choses sérieuses commencent avec l’étude de la composition corporelle. On passe un scanner pour connaître la masse musculaire, graisseuse, osseuse (= indicateur d’ostéoporose) mais aussi les volumes liquidiens (= est ce que je bois suffisamment d’eau)

Apres, on passe au test cardiorespiratoire : sous surveillance d’un cardiologue et équipé d’un masque pour mesurer les échanges gazeux, on court sur un tapis. Le but étant de calculer à quel point on utilise bien ses capacités cardiovasculaires et respiratoires.

Enfin pour terminer un test de capacité musculaire. Plusieurs exercices « classiques » de salle de sport, réalisés sous surveillance d’un médecin, permettent de mesurer la force de différents groupes musculaires mais aussi la puissance, l’endurance, la souplesse et l’équilibre.

 

Une fois tous les résultats disponibles, on rencontre un préparateur physique pour comprendre les différentes données et surtout avoir des recommandations d’exercices afin d’améliorer ce qui nous fait le plus défaut.

 

Sachez que si une tel bilan vous intéresse, il faut tout de même compter 265€ et venir à Paris 13eme. Il existe ensuite des formules moins complètes comme par exemple l’analyse de composition corporelle seule à 60€ ou les tests musculaires à 50€.
Attention, il y a bien sûr quelques contre-indications tels que les douleurs articulaires ou musculaires. En cas de doute, voyez avec votre médecin ou appelez directement le centre MonStade.

 

Pour en savoir plus :
Site internet MonStade
Notice d’information sur le bilan complet (qui permet notamment de voir tous les exercices qui seront réalises lors du test)

Continue Reading

La fin du tabou de la ménopause ? Quand Gillian Anderson parle librement de sa ménopause

Gillian Anderson veut briser le tabou de la ménopause et partage pour cela son expérience dans un livre «We : A Manifesto for Women Everywhere » . L’ouvrage n’est pas encore disponible en français mais peut être traduit par « Manifeste pour les femmes du monde entier».  Co écrit avec Jennifer Nadel (une journaliste), Gillian Anderson accorde une interview promotionnelle au site féministe Lenny Letter sous forme d’une conversation entre elle-même et Jennifer Nadel.

Tabou de la ménopause

Voici un début de traduction de l’entretien :

Gillian Anderson: Quand as tu remarqué que tu montrais des signes de ménopause ou de préménopause?

Jennifer Nadel: La préménopause ? Je ne savais même pas que ça existait et c’est pourquoi je suis si heureuse qu’on en parle aujourd’hui. Pourquoi est ce que je ne savais pas, pourquoi personne ne m’a dit: « Cela va te frapper d’un coup, te submerger et affecter tous les aspects de ta vie? »

Pour moi, cela a commencé par une très forte anxiété à 52 ans. J’en restais éveillée toute la nuit. Je n’avais jamais connu cela. Mon médecin a simplement dit que j’étais stressée. Personne n’a même imaginé que cela pouvait être liée à la ménopause. Moi-même, je n’ai pas fait de rapport avec la ménopause jusqu’au jour où, alors que je faisais une présentation à l’université Goldsmiths, je me suis retrouvée trempée de sueur. C’était tellement étrange. Je me suis dit que j’étais malade et que j’avais une poussée de fièvre. C’était vraiment embarrassant. Ce n’est que par la suite que j’ai réalisé que j’avais eu ma première bouffée de chaleur.

Maintenant que je sais ce dont il s’agit, je suis très fière de mes bouffées de chaleur. Je suis vraiment surprise qu’un corps, que mon corps puisse produire autant de chaleur. Sérieusement, je pense que je pourrais alimenter une ville entière !

Et toi, comment as-tu remarqué que tu étais en préménopause ?

GA: Je me souviens, c’était en Californie, j’avais tout juste une trentaine d’année quand un naturopathe que je venais de commencer à voir a regardé mes analyses de sang et m’a dit: «Vous êtes en début de ménopause précoce. » Et je l’ai complètement ignorée! Je ne savais pas ce que c’était que la ménopause et encore moins la ménopause précoce. Mon médecin lui ne m’a jamais parlé de ménopause et je n’y ai jamais repensé.

Et puis il y a deux ans – soit vingt ans plus tard! – il était huit heures du matin et je me souviens avoir jeté mon manteau sur le sol devant mes enfants et en disant à voix haute: «Cette journée craint! » La journée n’avait même pas commencé, mais le fait que tout me semble ingérable et au dessus de mes forces m’a mis la puce à l’oreille. Et au fur et à mesure que le jour passait, la situation empirait :  je devais sortir en plein milieu de réunions pour aller pleurer dans la salle de bain.

C’est quand j’ai vraiment eu la sensation que ma vie s’effondrait que j’ai commencé à chercher ce qui se passait physiquement et que des amis m’ont suggérée que cela pouvait être hormonal. J’ai alors consulté un spécialiste qui m’a informé que mon niveau d’oestrogène, de testostérone et de progestérone était incroyablement faible.

 

 

Les deux femmes souhaitent aujourd’hui briser le tabou de la ménopause et encouragent toutes les femmes à parler librement de cet aspect de leur vie à leur conjoint, leurs médecins ou leurs proches afin de faciliter les diagnostics et partager les informations autour de la ménopause et préménopause.
L’entretien entièrement (mais grossièrement) traduit grâce à Google Translation est disponible sous ce lien ou sinon en VO sur Lenny Letter.

 

Continue Reading

Comment améliorer son sommeil pendant la ménopause

Une des conséquences de la ménopause peut être l’insomnie (telle que définie par le plus grand nombre(1)). Voici quelques pistes pour améliorer son sommeil. Ces astuces sont universelles et peuvent être appliquées à tous ceux souffrant de trouble du sommeil.

menopauseinsomnie

Tout d’abord, quelques repères.
Une bonne nuit de sommeil se définit par :
– un délai d’endormissement de 20 à 30 minutes
– un temps de sommeil entre 6 à 9 heures (selon les besoins de chacun)
– des réveils nocturnes inférieur à 20 minutes (donc oui, on peut se réveiller la nuit et pour autant passer une bonne nuit)

Une fois cette base posée, il convient de comprendre exactement quels sont les problèmes de sommeil : des difficultés d’endormissement, des réveils nocturnes ou un réveil trop matinal ? Pour identifier son rythme de sommeil, le plus simple consiste à tenir un journal de bord du sommeil (et oui après le journal de bord des bouffées de chaleur, voici celui du sommeil)
Comment tenir un journal de bord du sommeil ? Notez chaque jour :
– votre heure de coucher et votre heure d’endormissement
– vos réveils nocturnes et leurs durées
– votre heure de levée

Attention, toutes ces infos sont estimées, surtout ne passez pas votre temps au lit à regarder votre réveil car « regarder l’heure qui passe favorise l’angoisse et la frustration ».

Ces données vous permettrons de calculer votre durée de sommeil moyen ainsi que le temps passé au lit sans dormir (qui normalement ne doit pas dépasser plus de 10% de votre temps total passé au lit)

 

Ensuite, il est temps de passer à la phase d’action et de mettre en place une bonne hygiène du sommeil.

  • Supprimez la consommation de thé, café, soda, coca, alcool…. minimum 6 heures avant le moment du coucher
  • Ne faites pas de sport dans les 6 heures avant le moment du coucher
  • Faites du sport avant cette plage horaire de 6h avant le moment du coucher
  • Ne fumez pas avant le coucher ni la nuit
  • Dînez légèrement
  • Mettez en place un temps calme d’une heure avant le moment du coucher où vous pratiquerez des activités relaxantes
  • Une fois couché, détendez vous par exemple avec des exercices de relaxation

 

Enfin, programmez votre cerveau à dormir quand vous êtes dans votre lit (oui, exactement comme pour les enfants, on met en place une routine et on les couche à heure fixe pour créer une habitude) Réhabituez vous (et votre cerveau donc) à associer chambre à coucher et lit avec le sommeil. Régularisez votre cycle de sommeil.

Pour cela, voici quelques astuces à mettre en place :

  • couchez vous quand vous sentez les premiers signes de sommeil arriver
  • mettez en place une routine d’avant le coucher
  • utilisez le lit uniquement pour dormir mais pas pour manger, regarder des films, lire….
  • Après 30 minutes au lit sans réussir à vous endormir, relevez vous et pratiquez une activité relaxante. Vous vous recoucherez quand vous sentirez revenir les signes du sommeil.
  • Levez vous à heure fixe
  • En journée, ne faites pas de sieste de plus de 30 minutes

Sachez qu’en moyenne le corps humain a besoin d’une semaine pour s’adapter à un nouveau rythme de sommeil (2).

Mettez en place tous les conseils ci-dessous et vous devriez réussir à améliorer votre sommeil au bout de quelques temps. Notez bien cependant qu’en cas de gêne forte ou d’autres problèmes de santé, votre médecin sera plus a même de vous accompagner pour améliorer votre sommeil (pendant la ménopause ou pas)

 

Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à lire l’excellent « Guide des traitements comportementaux et cognitifs chez l’adulte » de l’hôpital Bichat Lariboisière dont je me suis largement inspirée pour cet article et dont j’avais déjà parlé dans l’article « La TCC réduit l’insomnie chez les femmes »

 

1 – Scientifiquement l’insomnie doit combiner des problèmes de sommeil (endormissement ou réveils nocturnes) ainsi qu’un inconfort de journée (disfonctionnement social, familiale et pro) Ce type d’insomnie « simple » n’est pas combiné avec tout autre problème (jambes sans repos, apnée du sommeil, trouble psychiatrique, alcool….) cf le Guide des traitements comportementaux et cognitifs chez l’adulte.

2 – « en moyenne, 6 à 7 jours sont nécessaires pour s’adapter à un nouveau rythme » source la page Rythme de Sommeil du site Harmonie Prévention

Continue Reading

Ménopause et anti-douleurs

Un article du New York magazine « Les femmes blanches sont elles accros aux anti-douleurs à cause de la ménopause ?» (1) s’interroge sur le taux de mortalité des cinquante / soixantenaires (traduction personnelle de « middle-aged ») blancs. En effet, parmi la population blanche (hommes et femmes) ce taux est en hausse ces dix dernières années alors qu’il baisse pour les autres ethnies.

antidouleurs

Si une telle étude ne pourrait pas être menée en France du fait de la séparation ethnique, il est intéressant de comprendre la raison derrière cette progression.

Les experts n’ont pas encore trouvé la solution, mais une des pistes serait la prise de médicaments combinée avec l’alcool.

En effet, l’étude de 2002 qui prouvait que le traitement hormonal de la ménopause (THM) causait cancers du sein, attaques cardiaques et autres effets secondaires majeurs a stoppé net la délivrance de ces médicaments chez les femmes en phase de ménopause. Depuis, les femmes ont du se débrouiller avec leurs problèmes d’humeur, de bouffées de chaleur, de stress, de sommeil et de douleurs diverses et variées. Certains d’entre elles se sont alors tournées vers les anti-douleurs, anti-dépresseurs et l’alcool.

 

Les femmes blanches auraient plus tendance à prendre des opioïdes (médicaments anti-douleurs dérivés de l’opium) que les femmes d’autres couleurs et pire encore, elles auraient également plus tendance à les prendre en parallèle de médicaments anti-anxiété. Par ailleurs, les femmes blanches sont cinq fois plus nombreuses à prendre ce combo de médicament que les hommes blancs. Au final : une augmentation de 400% d’overdose aux opioïdes entre 1999 et 2014.

 

Ironiquement, la prise combinée d’opioïdes et de médicaments anti-anxiété endommage le système nerveux central, ralentissant à la fois le cœur et la respiration, ce qui peut être mortel. Sans compter que les opioïdes pris sur le long terme réduisent le taux d’hormones dans le corps, augmentant encore les effets de la ménopause.

Le THM dont l’administration a été ajustée depuis l’étude de 2002, serait maintenant sans danger (ou relativement cf Infographie sur le cancer du sein et le THM) pour les femmes si le traitement est commencé tôt dans la phase de ménopause, en combinaison œstrogène progestérone (selon le cas de chaque femme) et par application cutanée.

 

1 – Les femmes blanches sont elles accros aux anti-douleurs à cause de la ménopause ? Is menopause partly to blame for record painkiller addiction among white woman ? NewYork Mag – 31 août 2016

Continue Reading

Un nouveau traitement contre la sécheresse vaginale : le laser

Le magazine Santé de ce mois ci consacre un article à un nouveau traitement contre la sécheresse vaginale : le laser. Sur deux pages, le gynécologue, andrologue (pathologies masculines liées à l’appareil génital) et sexologue Sylvain Mimoun présente le traitement et ses effets.

SantéMag_SecheresseVaginale-Laser

S’il existe déjà des traitements temporaires comme des crèmes ou des ovules, ce nouveau procédé à l’avantage de régler le problème pour une période de 9 mois à un an. Trois à quatre séances sont nécessaires selon les femmes, puis une séance de « retouche » de temps en temps et on n’en parle plus !
Le traitement laser contre la sécheresse vaginale arrive depuis quelques années en France mais est utilisé aux Etats-Unis depuis de nombreuses années. Cela fonctionne, plus ou moins comme pour un peeling, la couche supérieure est détruite grâce aux rayons du laser et laisse la place aux cellules du dessous, plus jeunes et plus hydratées.

Concrètement, le laser est inséré dans le vagin (tout comme un spéculum) et envoie des pulsations qui traitent le vagin à 360°. La séance dure environ 20 minutes et doit être totalement indolore. Aucune anesthésie n’est nécessaire.

Cette technique est encore en cours d’implantation en France et n’est pas proposée dans les hôpitaux publics. Est il nécessaire d’ajouter que ce n’est pas remboursé par la Sécurité Sociale ? Cela se passe donc uniquement dans des cliniques ou cabinets privés mais, attention, faites le bon choix, car comme pour l’épilation définitive à ses débuts certaines machines sont mal réglées et risquent de trop brûler les muqueuses.

Pour en savoir plus, rendez-vous page 80 et 82 de Santé Magazine du mois de septembre 2016 « Le laser contre la sécheresse vaginale » d’Eléonore Ruby.

J’ai de mon côté regardé s’il y a des études cliniques sur le traitement laser contre la sécheresse vaginale et / ou des effets secondaires, voici mes découvertes.
– une étude de 12 semaines sur 50 femmes montre que 84% des femmes « sont satisfaites de la procédure » (1)
– des effets secondaires peuvent se manifester par un inconfort et des saignements vaginaux mais qui dureraient maximum 2 à 3 jours (2)

 

1 – A 12-week treatment with fractional CO2 laser for vulvovaginal atrophy: a pilot study – Department of Obstetrics and Gynecology, Vita-Salute San Raffaele University and IRCCS San Raffaele Hospital , Milan – 2014
2 – Can a laser treatment relieve vaginal dryness and pain ? – Women Health Team – Octobre 2015

Continue Reading

Quelles raisons biologiques à la ménopause ?

La ménopause reste un grand mystère biologique, car seules quelques espèces cessent de pouvoir se reproduire après un certain âge (quelques dauphins, baleines et les humains). Une étude en cours(1) menée par les universités d’Exeter et de York sur les orques pourrait apporter une raison biologique à la ménopause.

KillerWhales

En effet, l’étude en cours approfondie les résultats d’une précédente étude(2) qui montrait que les femelles ménopausées sont les meneuses des troupeaux quand la nourriture se fait de plus en plus rare. Ce sont donc plus souvent elles qui prennent la direction d’un groupe lors de chasse que des femelles plus jeunes ou même tout simplement des mâles. En effet, leurs expériences et compétences environnementales en font tout simplement des « vieux sages » vers lesquels se tourner en cas de complications.

Un petit schéma réalisé pour l’étude de 2015 résume parfaitement la situation.

KillerWhalesMenopause

On peut y voir en haut la composition du troupeau de chasse en temps normal et en dessous cette même composition quand le saumon vient à manquer. Quand tout va bien, les femelles ménopausées (en rose foncé) représentent environ 50% des meneurs mais quand la situation se complique, 66% de la «meute de tête » (si l’on peut parler ainsi pour les orques) est composée de femelle ménopausée.

On remarque par ailleurs qu’en cas de rareté de la nourriture, il n’y a plus aucun mâle (en bleu) présent dans le groupe leader.

 

Si ces informations n’apportent pas grand-chose (et pas de réelles raisons biologiques) aux femmes  traversant actuellement cette période de leur vie, on peut toute fois se réconforter en se disant deux choses :
– cette étude va peut être permettre une évolution de considération envers les femmes ménopausées

– si nous ne pouvons plus avoir d’enfant, ne s’agit il tout simplement pas d’une solution naturelle pour permettre la survie du groupe ( = la famille pour les humains)

 

1 – Documentaire publié sur BBC – What can killer whales teach us about menopause ?  – 2016

2 – Ecological knowledge, Leadership and the evolution of menopause in Killer Whales – 2015

Continue Reading

Des étirements quotidiens permettent de soulager certains symptômes de la ménopause – ou pas

Une petite étude réalisée par la fondation Meiji Yasudae pour la santé et du bien être suggère que des étirements quotidiens d’environ 10 minutes pourraient améliorer les symptômes de la ménopause et de la dépression chez les femmes.

menopause_etirements_quotidiens

L’étude conduite sur 40 femmes Japonaises de 40 à 61 ans a contrôlé avec 10 questions portant sur les symptômes vasomoteurs (bouffées de chaleur et frissons),  les symptômes psychologiques ( variations de l’humeur et problèmes de sommeil) et les douleurs corporelles.
Un questionnaire à part était utilisé pour mesurer les symptômes liés à la dépression.

Le groupe était initialement très homogène : la majorité des participantes n’étaient pas physiquement actives, la moitié d’entre elles étaient ménopausées (en phase de post ménopause) et les deux tiers étaient dépressives.
Le groupe a ensuite été séparé en deux : 20 femmes devaient s’étirer 10 minutes avant d’aller se coucher alors que l’autre groupe devait rester inactif.
Les femmes du groupe étirement ont fait du yoga en moyenne 5 fois par semaine et ont montré une amélioration sur les deux jeux de questions après 3 semaines comparé au groupe des femmes inactives.

Contacté par email par Reuters, le docteur Pinkerton de l’institut Nord Américain de la ménopause déclare « il est impossible de savoir si les effets positifs des étirements sur les symptômes (ndlr : vasomoteurs et dépressifs) sont effectivement liés au stretching, à une augmentation de l’activité physique ou au fait de ne pas faire ce que les femmes font normalement 10 minutes avant d’aller se coucher comme par exemple : manger, fumé, boire… »

Et encore une fois ici, se pose la question de l’étude scientifique contre placebo, le groupe de comparaison ne devant rien faire de particulier.

De façon générale, il est de toujours recommandé d’être physiquement activement, par exemple en marchant au moins 1 heure par jour, encore plus pour les femmes en cours de ménopause.

Article traduit depuis un article du Dailymail de Lizzie Parry publié le 1 juillet 2016 « Stretching for 10 minutes a day « eases symptoms of menopause and depression » »

Etude source : « Effects of stretching on menopausal and depressive symptomes on middle-aged women : a randomized controlled trial« 

Continue Reading

Les études scientifiques contre placebo

Dans la plupart des pays, afin d’obtenir une autorisation de mise sur le marché, un médicament doit avoir démontré son efficacité notamment via la comparaison de deux groupes de patient : un premier groupe est traité par le médicament et un second groupe qui prend un faux médicament, sans principe actif : le placebo.

Légalement, les patients doivent avoir été informés que lors de l’étude, 50% d’entre eux recevront un placebo. Afin qu’il n’y ait vraiment aucun biais, de la part même des administrateurs / surveillants lors de l’étude, les essais scientifique peuvent (doivent ?) être mené en « double aveugle » ou seul le responsable de l’étude sait quel groupe reçoit le « vrai médicament » et quel groupe reçoit le placebo.

Placebo etudes scientifiques

Petite parenthèse sur l’effet placebo
Ironiquement, au fur et à mesure des essais scientifiques contre placebo, les médecins ont découvert que les patients qui recevaient un principe inactif pouvaient tout de même voir une amélioration de leurs symptômes, c’est ce que l’on appelle maintenant l’effet placebo.
A noter, que les vrais médicaments provoquent eux aussi une partie d’action placebo en plus des résultats dus au principe actif. Encore mieux, on sait aujourd’hui que même en étant informé de l’absence de principe actif d’un médicament, un patient peut tout de même bénéficier de l’effet placebo à force de conditionnement de la part, par exemple, d’un médecin administrateur(1).

Pour revenir à ce qui nous intéresse, de nombreuses études pour soulager des symptômes de la ménopause ne sont PAS réalisées contre placebo. On peut donner l’exemple de celle qui dit que l’acupuncture réduit les bouffées de chaleur avec un groupe qui faisait de l’acupuncture contre un groupe témoin qui ne faisait rien du tout. Peut on donc réellement dire que l’acupuncture réduire les bouffées de chaleur ou s’agit il juste d’un effet placebo ?

 

Bref, comme toujours, il faut essayer de garder un œil critique sur les études publiées en questionnant notamment la méthode, l’analyse mais aussi le financement.

 

Source 1 Le placebo soulage même si le patient sait qu’il ne sert à rien de Marie-Celine Jacquier publié le 28/07/2015 sur Futura Sciences
Source générale : Peut on encore faire des essais cliniques contre placebo de Gilles Bouvenot en 2003

Continue Reading

Témoignage : des bouffées de chaleur handicapantes et prise de THM

Quand avez-vous pour la première fois soupçonnée que vous étiez en période de ménopause ?
Quand j’ai ressenti les premières bouffées de chaleur réellement handicapantes.

menopause-bouffées-de-chaleur

Avez-vous pris rendez-vous avec votre médecin traitant ou votre gynécologue ?
Non, j’ai attendu ma prochaine visite de contrôle chez le gynécologue pour lui en parler.

Que connaissiez-vous de la ménopause ?
Rien à part que cela signifiait l’arrêt des règles.

Quelle aide, quels conseils, quel traitement avez-vous eu de votre médecin ?
Celui-ci m’a dit que c’était comme ça et qu’il n’y avait rien à faire. Lors de rendez-vous suivant devant mon insistance, il m’a prescrit des produits naturels, des « phyto-machins » mais qui n’ont eu aucun effet positif. C’est seulement des années plus tard qu’une amie voyant à quel point mes bouffées de chaleur m’incommodaient, m’a parlée du Traitement Hormonal de la Ménopause (THM) et m’a conseillée de le demander, ou tout du moins, d’en parler à mon médecin.

J’ai changé de gynécologue et j’ai pu bénéficier d’information sur le THM. J’ai ainsi appris qu’il y avait encore peu de recul sur les risques de cancer (entre autres) mais que si j’étais vraiment handicapée, je pouvais effectivement prendre des THM.

Quelle voix d’administration avez-vous eu ?
J’ai demandé et mis des patchs car mon amie m’avait parlé des patchs.

Combien de temps avez-vous pris des THM ?
Pendant 5 / 6 ans

Avez-vous à nouveau ressenti des effets indésirables de la ménopause quand vous avez arrêté le traitement ?
Non, mais mon cas est peut être particulier car je vivais alors en Afrique, où du fait de la chaleur je transpirais de toutes façons beaucoup.

Avez-vous subit des désagréments inattendus du fait de la ménopause ?Oui, j’ai notamment eu de eczéma sous la poitrine à cause de la transpiration des bouffées de chaleur et des frottements. Mon médecin traitant m’a prescrit une crème et ce problème est rapidement passé.
J’ai également découvert la sécheresse vaginale et une forte augmentation des infections urinaires. J’ai eu, et j’ai encore 15 ans après, des ovules vaginaux à mettre chaque semaine pour prévenir de futurs infections.

Avez-vous trouvé solutions personnelles pour gérer au mieux vos bouffées de chaleur ?
J’ai remarqué que celles-ci apparaissent quand je suis stressée, fatiguée, que j’ai un peu trop bu ou que l’air ne circule pas là où je me trouve. (NDLR elle a identifié ses déclencheurs de bouffées de chaleur)

A posteriori, pensez vous avoir été suffisamment informé en amont pour gérer au mieux cette période de votre vie?
Non

Pensez vous que vos symptômes ont interférés avec :
– votre travail ?  oui car je me sentais mal au travail
– votre couple ? non
– votre vie sociale ?  non
– vos relations avec les autres ? non

Avez-vous échangé avec vos amies sur vos problèmes liées à la ménopause ?
A part mon amie qui m’a conseillée de parler des THM à mon médecin, non.


Avez-vous des astuces et conseils pour les femmes qui vont entrer en phase de ménopause ?
Porter de nombreuses couches de vêtement afin de pouvoir en enlever et remettre au fur et à mesure des bouffées de chaleur.
Prendre plus de temps pour les préliminaires (NDLR pour laisser plus de temps au vagin pour se lubrifier)

 

Merci pour ce témoignage qui montre que si la ménopause peut se révéler pleine de surprise, il existe des solutions à presque tous les problèmes, il suffit d’oser en parler avec votre médecin.

Continue Reading